lundi 8 septembre 2008
L'inutilité ; 09:40

- Je ne voudrais pas me montrer désagréable mais je vous trouve ininterressant.
- Interessant cela... et pourquoi dont?
- Comme ça.
- Comment?
- Comme ça.
- Ah, je vois.
- ...
- Vous voulez sans doute parler des phrases sans verbes que je ne cesse de dessiner, de cette conversation sans mots que l'on ne fait que préparer. Ou peut-être est-ce autre chose qui vous désinteresse de la vie. La vraie.
- Auchan.
- S'il vous plaît? Peut-être est-ce donc cette valise que je cache dans ma poche qui vous touche.
- Une valise? Tiens-donc...
- Oui, une vraie. Et vous ne devinerez même pas ce que j'y cache.
- Même pas.
- Vous... Non, ne me dites pas que vous ne me croyez pas.
- Cru? Oh si, vous l'êtes, n'en doutez pas.
- Je n'ai pas compris pourquoi la ciboulette.
- Même si vous étiez cuit, vous seriez cru.
- Ah oui tout de même...
- Et oui...
- ...
- Ce dialogue est ininterressant.
- Je vous crois.
- Non, ça c'était moi. Mais pourquoi nous fait-il dire toutes ces conneries, c'est pathétique. Depuis le début, il s'amuse en nous torturant. Mais quelle idée de créer un texte aussi chiant?!
- Enfin, prenons les choses du bon côté: cela nous fait exister au moins quelque part dans le monde réel. Sur une feuille de papier par exemple.
- Vous recommencez les phrases sans verbe.
- ...
- Vous êtes manipulé. Je préfererai crever que de vivre pour un échange aussi médiocre.
- Vous savez vous montrer apeurant, refaites moi ce regard pour voir?
- Ne rentrez pas dans son jeu, vous ne voyez pas. Vous ne savez rien faire d'autre que. Vous ne savez rien faire. Nous ne sommes que des mots.
- Mot à meaux.
- Jean doute.
- C'est ce qu'on raconte oui. Le pauvre... Mais il est vrai que nous sommes peut-être que des mots inutils.
- Oui, ceux-ci sûrement. Peu de lecteurs doivent les lire actuellement.
- Il n'y a pas d'actuellement. Je propose d'ailleurs d'arrêter ce carnage. Taisons-nous.
- Entendu.
- ...
- ...
- ...
- Ou dois-je dire "vu"? Voyons voir... Vu que je ne vois...
- Voulez-vous cesser?! Cela n'en finira jamais.
- Ne vous inquiétez pas. Le lecteur liera jusqu'à la fin. Il la voit déjà se profiler.
- Vous êtes confiant.
- Et vous?
- ...
- ...

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dimanche 7 septembre 2008
L'entre deux ; 11:17


























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mardi 23 octobre 2007
Chut ; 00:26

De m'enlever cette boule au ventre
De m'enlever cette boule au ventre
De m'enlever
De t'envoyer
De m'envoler
D'embraser ces airs qui séparent mon T de ton R
De me rapprocher
D'oublier cette terre qui m'éloigne de ton toi
D'oublier
D'oublier que tu m'as oublié
Ne plus penser que je ne suis plus
Que je n'existe

Pluralisant cette réalité
Où la poussière vaudrait mieux que la plus minime parcelle de mon corps
Réalisant mes souvenirs
Ces choses devenue rêves depuis leur lendemain
De ces choses qui prennent la forme d'un visage
De celui qui éblouit
De ces choses qui prennent une tête à deux mains
Sans lendemain

D'enlever cette boule au ventre
De la prendre et la serrer plus fort encore
Encore
De la prendre en corps et l'envoyer se jeter en coup d'oeil par la fenêtre
Pour la regarder chuter sans disparaître

Je vois du rouge, du rouge à mes sommets. Je ne vois plus ce bleu du ciel. Ses pétales qui m'observent sans me glisser un mot. Sans même se frotter à mes oreilles. M'observent en attendant que je vienne à elles. Des fois j'ose et déjà,
un perpétuel pléonasme m'attend.
Un silence, un vide, une abstraction qui m'observe
pourtant

Je la jette
Chut

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samedi 13 octobre 2007
Me manques ; 10:20

Et souviens-toi, je suis un coquelicot.



Oui Coco, je me souviens.
Bien-sûr, je me souviens.
Un co que lie co, je l'ai toujours su. Un su qui me revient. Sans mâle et sciemment.
J'y ai toujours cru.

Mais ça reste en gorge, ça ne te vient pas.
Mes idées restent muette, sans creux ni crête, en gorge.
Loin du haut parleur, du beau parleur.


Je t'embrasse tout de même.
Il y a des choses qui ne veulent pas rester, il y a des choses comme ça.
Comme un papillon sans ailes, sans elle un papillon naît, sans l un papion a creux et crêtes, il y a des choses comme ça.
Sans papilles au nez, ça ne veut pas, ça fuit. Comme ça.

Et tu l'entends ce baiser, sans fuite.
Tu le sais sans le localiser.

Je m'echappe.

Au revoir Coco.
Bonne soirée.
Ciao ciao. Tu ne te souviens pas?
Bises bises.


Crac.
Se raccroche.


Je t'aime.


Dans le vide.
En creux en crêtes.
Inutil.


Je t'aime, je répète.

Je t'aime,
Je tremble.

Je t'aime.
Pompe.
Dépompe.
Pompe.
Je t'aime.
Je t'aime chaque fois, jamais assez, dix fois, jamais assez, vingt fois,
Puis tombe.


Les idées moites, les souvenirs froissés, trop de fois réveillés, mon visage pleure, se recroqueville, sur mon coeur, ma tête, pleure, en jambes, la crête en creux.


Un coquelicot trop loin.
Au loin, son point orange.
A l'horizon.
A l'horizon, de l'autre côté du monde.


Ses creux,
Ses crêtes,
Tes lèvres me manquent.

Me manques.


Ton autre.

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lundi 10 septembre 2007
Silent night ; 10:38

Chambre 969

Une bougie allumée sur la table de chevet.
un homme allongé. Les pieds sur l'oreiller. Damien Rice. Les yeux fermés. Silent night.

Je m'assois par terre.

Il ne bouge pas. Je le sens respirer. Une odeur d'encens.

Ferme les yeux Téha, son souffle me dit.

Pause.
Son vent sur mon corps et lui, immobile encore.
Les pieds sur l'oreiller.
Mon long baiser, cils embrassent sourcils.

Tu le vois? il me demande calmement.
Un monde derrière le monde, un comme le tien, le tien.
Tu le vois?
Non lui répondent-elles.
Ouvre ton esprit, ouvre le grand, et regarde, regarde à travers tes paupières.
Oui.

Salé sur mon palais.
Suave.
Je sens la mer, la mer qui me caresse, la mer qui me lave de cette dite réalité.
Elle m'imprègne, s'imprègne en moi.
Une cabane au loin.
Un pécheur.
Une fille qui joue avec un lapin.
Au loin.

Téha.
C'est là, dans un derniers souffle.

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L'addition ; 10:04

PAGE SPORT

Défauts de prononciation et oublis ménagers pénalisent notre Maurice Dio national.

Ils avaient oublié leur crampons dans les vestiaires, McDa-CoCo, 2 cailloux à 21.



Tape sur la peau.
Le goût du café.
Le soleil à dos.
une chaleur enjuillée.
Le bruit d'un vélo, là en bas, qui crient au passage des enfants.
Une pancarte en plan, en arrière. "La vache qui crient", un veau qu'a bu l'air... Brigitte Fontaine au sourire. En coin.


PAGE NATIONALE

Sadowski en roi papetier.

Poignée de main serrée. Alliance des deux partis dominants. Le CG (calins gratuits) et le PDP (parti du plaisir) ont donné une tournure diff...


Bonjour madame.

La tête en main, mes yeux se lèvent.
L'ombre au soleil, son sourire blanc. Me fixe intensément.

Monsieur.

Je hoche une tête poliment, un non sec qui glisse en creux.


PRÉVOYANCES ZORROSCOPIQUES

sellier

coraux

jumeaux: La salive de la sardine est un fleuve où se meuvent gruyères et camemberts. Mars est vert comme sa mère, mangez du viagra au nutella.


PAGE MONDE

Ouzbekistan, traces de peignes...


Le dos du soleil.
Son ombre.
Son goût.
Le sourire blanc qui me fixe.
Celui du café.
Intensément,
Enjuillée.

Vous comptez rester là encore longtemps? je lui demande, ce n'est pas encore la saison pour semer les blaireaux
Oh, vous savez, l'hirondelle ne fait pas le printemps...
Laquelle?
Je peux?
Non.
C'est généreux de votre part, merci, sincèrement.

Il s'assoit en face de moi.


Pantalon
Joie
Dimanche
Table
Chinois
Trou
Des mots
Des mots
Des mots
Des lignes
Des traits
Détresse
Détresse
Des...


Vous aimez le cinéma?
Co... comment?
Je vous demandais si vous aimez le cinéma, fit sa voix fluette.
Bien sûr! Pourquoi? mes dents crachent. Son sourire blanc. Intensément.
Je viens de voir un film absolument magnifique. Un certain Bill Jioskop qui traverse les frontières du réel pour se rendre à Terrabithia. J'en ai les larmes au menton, si vous voyez ce que je veux dire.

Son menton.
Une queue.
De banane.
Sec comme mes lèvres.
Vaurien!
J'imagine le goût de ma salive.
M'imprègne.
Sa peau bleue.

Tant pis, en murmure.
Vous m'auriez dit tant mieux, je vous aurais embrassé sur le coup.
Tant qu'il ne s'agit pas du mollet...

Ses yeux sont bruns derrière ses lunettes teintées.
Son sourire blanc dans le vague.
Deux points sans détachement.

Je suis l'homme de votre vie.

Ses deux points.
Le goût du café.
Intensément.
Vaurien!
Enjuillée.
Sans détachement.

Tant mieux.
L'addition?

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jeudi 5 juillet 2007
Sa rose sur mon bois ; 09:33


Le jour de mon enterrement.
Les pieds froids.
Les lèvres aux dents.
Le ventre aux doigts.
Le bruit du sang.
Les yeux cachés.
Les idées placées.
C'était, souviens-toi, l'hiver dernier.

"J'ai mort", mon soupir avait laché entre le dessert et le café. Ils m'avaient tous regardé les yeux bés sans sourire, sans fou rire, sans fuir, les yeux bés sans ciller; Regards bés.
C'était froid dans le dos. Puis chaud. Et plus haut. La gorge serrée et la cerise. Elle voulait passer.
Touss. Touss.
"Lise!" Il se rua vers moi.
Touss. Touss.
Et tape dans le dos. "Arrête, c'est..." dans un soupir.
Touss. Touss.
"...c'est pire!"
Dans l'assiette.
Spire. Respire.
Tous. Ils m'observaient encore. "Un jour, ça va mal finir" elle osa glisser.
Larmes.

"J'ai mort", j'avais laché, comme on dit "j'ai peur" ou "j'ai faim", comme on dit "j'ai peur, c'est la fin".
J'ai mordu dedans pourtant. Pourtant. A pleines dents, pleines trop petites dents. Il était trop grand. Et il continuait à tirer puis cogner dur, là, sur ma plante. Coups de vent dans l'air du temps. Sic.

"Vous êtes rouillée" elle m'avait dit. "Ce sont des pustules que vous voyez là. Des champignons. Des champignons ont investit votre corps." Le doigt pointé sur de gros points rouges, La botaniste fixait l'écran avec passion. Ses larges lunettes noires se tournairent vivement vers moi. "ça ne ment pas ces machines là."
Il avait la tête entre ses mains. "et ça ce guérit comment?" murmura-t-il.
elle réfléchit un temps. "pas de remède particulier. Seulement une semence pure. Lavez-vous bien les dents pendant chaque repas monsieur. Je vais vous prescrire un bol d'air frais à chaque goûter madame, un poil réchauffé au four. Au futur vous verrez la suite."
Larmes.
"Ne t'en fais pas Lise, on te tirera de là." Les miennes dans ses mains. J'aurai voulu le croire. J'aurai voulu lui dire que ce n'était qu'un mauvais cauchemar. Un qui ne se rêve pas. Un faux. Un qui vous plombe mais un qui n'est pas. J'aurai voulu...
Mais ça cogne. Sic.

Rue Chicogne. Je pèse dans ses bras. "Une plume" il dit dans son éternel sourire. De la pitié, de la tristesse, mais de la pitié. Il aurait voulu être Dieu à ce moment précis. Changer un détail du monde. Juste un. Si minime soit-il. Une seconde, pas plus. Deux au pire.
"Une fine, oui" Je tente le sourire. Et cogne. Sic.
Il gloussa en courant et coura en gloussant. Me fis tourner. Me serra dans ses bras. Je ris. Sic. Je ris. Fort. Pour couvrir la rouille. Le riz, c'est l'antirouille. Je l'oublis un moment, la rouille.
"Un papillon. C'est un papillon que tu es" il me glissa dans l'oreille.
"Et comment on embrasse un papillon?"
Son étreinte eu le goût d'une dernière mais j'oublis, j'oublis la dernière, la seule journée d'un papillon.
"Alors, comment c'était?"
"Mouillé" je lui fis en chuchotant.

Le jour.
Je sens la rose qu'il m'envoie.
Sa rose sur mon bois.
Les yeux rouges.
Son sol bouge devant.
M'enlace au large et m'embrasse au vent.

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mardi 26 juin 2007
En poing de cage ; 13:36


Gribouillis. Gribouillage. Grabouillage. Ca grince, ça coince, ça crie là en coin, en coin de page. Gros, gras, ça grince, ça coince comme une sale idée, un mauvais souvenir qui fait tâche.
En bas, sans sourire, en coin sans voix, sans moi, tu vois?

C'était beau. Aux cieux c'était, au ciel, au septième coup c'était le bon. Le con. J'y ai cru. En toi, moi, nous, tout, tout ça, tout vu. C'était bleu, agué, salé, valgué. Je l'ai dit. On était deux, déjà vieux, sans mieux, en avant, en premier, en premier plan, mis à nus.
Mais tombés.
Ca tombe les nus. Ca tombe sec, aussi sec qu'au trou, au trou sans papier. Sans efforts, sans rien, demander ni donner, en coin. Et ça reste là, tout le temps. Pas de chasse, ça reste là, tout le temps.

J'ai pu crier, picoler, me vautrer. Non pas prier, Dieu merci je suis athé, à tes pieds comme un chien, un chien sans maître, sans maîtresse. J'hurlais à la mort, à la notre. Aux bons soins de l'autre, santé!

Cries, cries, tu m'as dit. Cricri fini. D'amour, stine, minelle, si tu veux, comme tu veux. Mais oublies, oublies-moi.
Ca crache. Aller direct au coin, côté couloir sans accoudoir.
Puis crash. Gribouillage en coin de page.
Crash, crap, ou peut-être clap.
Ca claque, la porte.
Et ça résonne fort et plus, puis trop, j'ai chaud.
Mon col me sert, le tissu me colle. Je me nois, me fond, au sol, au sous-sol, au sous-sous-, et encore... Mon corps, il pleut, il sueure, veut stiner, veut la crier pour qu'elle revienne. Mais ses cordes aussi sont noyées. Ne vrombissent plus, ne supportant plus les vagues larmées.

L'autour est vidé. Chuchotements de gens qui n'existent pas, respiration de ceux qui ne sont plus. Le silence est lourd.
Le requin m'observe et bulle pour dire. Un estomac dans l'eau. C'est rouge aussi. Ca bouffe, ces machins là. Ne font que ça.

Pleure.

Ca fait tâche en coin. Ca crache sur ma page. Et ça restera, tout le temps.

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samedi 23 juin 2007
rends-toi dans une seconde ; 11:49

repauses-toi un temps, un temps soit peu, soit peu de chose...

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mercredi 13 juin 2007
la valse des chevaux de bois ; 09:46




La vie ne tient qu'à un fil et moi, ne tiens qu'à elle. Je reste sur le fil. Et au fil du temps, de fil en aiguille elle tient aussi. A moi je veux dire. A moi et à tous ceux, tout ce qui suit.

Elle tient quand j'y tiens, quand je suis. Pas quand je pense. Là je me fuis, perdu et garé en double file, à des milles du second mot.

Des maux, il y en a des cents et des milles, là où du sang il y en a avec ou sans. Mais penser est un mal, un mal sans. Ou avec, ou avec du sang. De celui qui vous coule partout dedans mais plus haut, plus haut.
En tête, non pas en chef de file, en tête dedans, là ou tout vient.
Chez le chef, non pas de file, chez l'amiral du corpus.

Il voit rouge souvent et encore plus. Mais ça, il connait.
Le jour il boit.
La nuit il boit.
Le jour, la nuit, c'est la valse des chevaux de bois qui tournent, tournent pour la gueule de bois, pour la gueule de soi, pour la gueule du foie.
Penser il connait, penser c'est ça. Je pense le jour, je pense la nuit, je pense donc je nuis, il dit.

Je pense, un ennui, aussi.

Un ennui qui vous crie dessus et même. Un qui vous bouffe, un qui vous étouffe à vous couper le, le moufle et la vie qui court toujours en vous laissant là.
Dans un soupir, vous la rappelez, vous criez mais pas assez, pas assez fort. La vague de l'ennui la noie, cette voix.
Car toujours vous pensez, toujours, la nuit, le jour.



Tant pis pour le bois, soi, le foie, tout ça. Tant pis, c'est fini. Plus rien, elle s'enfuie la vie.
Le désert, le dessert, le café, le digestif, et gestif, et gestif, et même...

La nuit, la nuit, c'est la valse des chevaux de bois qui tournaient, tournaient, mais plus. Ne tournent pas.

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vendredi 8 juin 2007
Un toutou je moi ; 09:03


Je pleure, je ris, c'est la valse de l'ennui.
L'accordéon du soleil, son sourire, son petit air, son ami. une vague d'espérance et l'étoile s'accoude sur une branche pour se reposer. S'illumine ensuite un balcon et le sourire fond et se fond au fond, là, dans le terne de l'ombre.

Mais moi toujours pleure, toujours je, toujours ris, moi je, moi je, moi je. Rythme et saccadé une fois, deux fois et plus, même et encore et souvent pour ne pas dire. Tout se suit comme la vie après la mort ou deux après un ou un après deux, je ne sais, je ne sais plus. Deux un un deux. Un et un font deux mais deux et deux font quatre, alors...
L'ombre du doute, elle est là tout de même. Elle reste. Même et encore et souvent pour ne pas dire.
Elle reste quoi, enfin, bon, je veux dire, euh...


un tic et un toc, une tique et une toque, tictoctictoc. un pic et un poc, un criquet un croc, un pique et croque. mmm...

C'est bon.
Tout y est. Tout. Même le tout est fini entre nous, tout. La vie. L'ennui.
Et le temps qui cours et qui pend , là, ou pendant.
Et le chose, celui qui rentre pour ressortir, qui souvent colle aux dents ou partout tout le temps. Et vous, est-ce que vous avez le temps? C'est là que j'habite, vraiment et tant pis pour le confort. Et j'en passe des vertes et des pourries, des pourries qui rentrent pour ne pas re... enfin vous voyez. Même et encore et souvent pour ne pas dire.
Et le moi, le je, le moi je, le mois du je, le jeu du moi, tout ça, comme ça, la vie, tout puis toc et tic et toc. Tictoctictoc.

Puis le sourire -non pas celui de depression- fond et se fond au fond. Les étincelles dans les yeux, c'est fini ça. Et puis les chantes qui clochent, c'est pour après ça. Le sombre de l'ombre et rien que ça.

Un rien.
Un plus un font deux.
Jamais deux sans trois.
Trois fois rien.
Et pourtant, un tout. Un tout, je crois. Un tout, je vois. Un toutou je moi.

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vendredi 1 juin 2007
A l'attention de ; 10:48

Je vais vous dire quelque chose au sujet des histoires.
Elles ne sont pas qu'un amusement,
ne vous y trompez pas.
Elles sont tout ce que nous savons,
voyez-vous,
tout ce que nous savons
pour combattre la maladie et la mort.
Vous n'avez rien si vous n'avez pas les histoires.


Leslie M. Silko

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mercredi 30 mai 2007
Chair glacée et sang de poule ; 19:45


L'arrière de la maison le troisième étage la porte au fond à gauche dans le coin
Avec un nom sur la carte de visite illisible dans l'obscurité

Minutes passées depuis vingt ans accueillez moi!(*)

Autour le regard traîne s'arrête pour reprendre plus loin
Là le vide l'intrigue mais s'efforce de continuer

Ils ne peuvent t'accueillir dit la porte
Ils n'entendent pas, leur sang fait trop de bruit
Et puis, ici les minutes se sont retirées depuis longtemps
C'est un monde que je représente, je parle au présent
Derrière moi le présent serai pour toi un futur
Retourne-toi

Flou
La poignée disparaît au fil des battements d'ailes
Mouillé, salé, me sens rougir
Chaud, affreusement chaud, l'air se bouscule
Un pied hors de l'eau et l'autre suit

Tu n'es qu'une porte après tout
Tu n'es pas maître de tes gestes
Personne ne m'empêchera de rendre visite à mon passé
Il m'appartient

Non
Plus
Chuchote le vent à mon oreille

Chair glacée et sang de poule

Une porte s'ouvre et se ferme, dans un murmure

Je te déconseille papillon
Ici-bas tu farfouille les fariboles dans la farine
Retourne-toi

Bec de canne tourné, pressé
Bec de canne écrasé, déformé
Puis gigote

Sotte
Tu n'as pas le droit

Et pourquoi?
Dis-moi pourquoi papillon
Tes oreilles m'entendent mais ton nez est bouché
Mais paroles ne sont qu'aide

Assez!

Puis en arrière
Et choc
Puis en arrière
Et choc
Puis en...

Ta fatigue est vaine
Je n'existe, ces pas et moi sommes derrière tes yeux et non devant
Pensées, nous ne sommes que pensées
Et des pensées ne s'écartent pas ainsi

Blanc dans le noir
Spire, respire
Esprits se rassemblent, et débattent

Tu es faite de bois alors tu brûle

Non plus
Me glisse le vent

Pensées

Au feu!

Mais il ne vient pas

Il ne viendra pas
Fut-il que ce soit futile et il s'échappe

Mes bras me tombent et ma voix se perd
Et mat

Ta place n'est pas ici
Retourne-toi
Ici-bas, c'est l'arrière de la maison, ton passé
Là-bas, c'est l'avant de la maison, ton futur
Retourne-toi
On ne vit pas avec ses souvenir mais avec ses rêves

Le regard et les pas se suivent
Fuyants

Adieu
Dit-elle

(*)extrait de La vie est ailleurs de Milan Kundera

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samedi 26 mai 2007
Trois fois rien ; 19:09


Création d'Avalantis

Ce n'est qu'un citronnier jaune, rien d'autre.
Et dessous, rien encore.
Rien qu'un homme à la voix jaune ou au pelage orange.



Trois fois rien,
Mais une chose pourtant.
Et d'autres même

Un sourire une eau salée,
Ou une eau salée sur un sourire,
Mais une chose pourtant.

Le bonheur peut-être?

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jeudi 24 mai 2007
un Rien ; 19:16


"

[...]

"

Extrait de La page blanche écrit anonymement

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mardi 22 mai 2007
Le monde à l'envers ; 16:51


photographié par Anne Melki

Un silence. Le muet entend. La présence est là.
Le sourire aux lèvres, deux yeux se ferment. L'ombre du sombre se voile.

Feutrés

Il la voit. Elle vient. Elle sera là, toujours. Ou bien. Mais il ne sait pas ce "ou bien". Mais sans le savoir, il l'a compris. Mais il préfère ne rien se dire.
La fierté d'un muet.
La pureté d'un muet.
Rêver. C'est là.
Imaginer. Encore là.
Etre savant ou ignorant? Sans le comprendre, c'est évident même.

Il prend ses mains de ses mains. Douces. Comme absentes. Délectables. Plus guère de doute. C'est elle.
De son plus beau sourire, il sourit. Elle est.

Naturellement, les mots sortent d'une voix rauque.
"dis-tu... Mais qu'importe, ce n'est qu'un rêve après tout. Ce n'est que le rêve de notre vie." lui dit-il en soupirant.
Elle lui glisse à l'oreille: "Je ne te quitterai plus".
"Ne t'inquiète pas, c'est seulement le monde à l'envers", il lui répond.
"Mais que?!" s'exclame-t-elle.
"Moi aussi..." lui dit-il en resserant son étreinte.
"Je t'aime"

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dimanche 20 mai 2007
inaudible ; 16:30


Et moi à l'intérieur de me demander ce qui se passe. Je ne comprenais pas. J'étais là pourtant. Et je ne voyais pas comment. Je ne me souvenais pas. Même en cherchant, même en refléchissant, rien n'apparaissait.

Plus rien de réel. Aucun souvenir qui ne tenait debout. Les idées se bousculaient en moi mais je les écartais après avoir compris qu'elle ne m'ont jamais appartenu. Et au final, ne subsistait rien. Je ne me souvenais plus. Tout aurait pu débuter à ce moment-là. La seconde précédente m'était trouble et la suivante n'était qu'à l'image de la présente.

Il y avait pourtant un passé. Je le savais, je le sentais, il me faisait de l'ombre. Mais je ne l'entendais pas. Mon avant n'était pas audible, comme une chanson que l'on vit sans en saisir les paroles. Peut-être était-il devenu muet? Ou pire encore, peut-être avait-il fuit en laissant des traces inaudibles?
Il m'avait abandonné.

Une larme vint perler ma joue. Je me sentais seul. Je n'avais pas envie de bouger. J'étais perdu. Je n'étais plus qu'une infime particule dans ce vide limité.

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J'ai mais je ne suis pas ; 13:09


Création de Maleonn

J'ai la vie mais je ne suis pas.
J'ai les yeux mais je ne me vois pas.
J'ai la voix mais je ne me confie pas.
J'ai les larmes mais je ne pleure pas.
J'ai mais je ne suis pas.

Je suis l'absente.

Je suis celle à qui on parle sans jamais la voir. Je suis tout, je suis rien.
Je suis celle que l'on croit connaître mais que l'on ne connait pas. Que l'on ne connaîtra pas.

Je suis l'absente.

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vendredi 18 mai 2007
un intérieur et un extérieur ; 18:55


La chambre rouge n'avait pas de porte. Elle n'avait d'ailleurs pas de fenêtre non plus. Ce n'était finalement qu'une boîte avec un intérieur et un extérieur.
En soi, une pièce sans issue n'est pas très génante. Comme le proverbe nous le dit si bien, ça ne ferait pas de mal à un corbeaU (et encore moins à une mouchE). Mais ceci est vrai au détail près de la position du corbeaU. Car il est bien difficile pour un corbeaU de sortir d'une pièce quand il n'y a pas de porte. Au passage de l'extérieur à l'intérieur de la boîte, le sourire du corbeaU en serais, si je puis dire, tout retourné. Et pourtant, la chambre rouge n'aurait pas d'un centimètre bougé. Vous me suivez? Troublant (au premier sens du petit Robert, ne vous détrompez pas), non?

Afin que l'histoire que je vais vous conter soit un minimum palpitante, on va tout d'abord considérer que le corbeaU se situe initialement entre les quatres murs. Dans la réalité, ce corbeaU est un être humaiN et plus précisément cet être humaiN n'est autre que moi. Mais vous aurez bien compris que la réalité est ici bien lointaine, car il est bien évident que dans la réalité, la majuscule du nom d'une espèce animale ne se trouve jamais en fin de mot. Pour ne pas trop vous embrouiller, voyez l'être humaiN comme un corbeaU. C'est à dire, imaginez que c'est un animal grégaire qui niche en colonies (wikipedia ©) qui vous parle.
Si vous n'aimez pas les corbeauX, imaginez que je suis une mouchE.
Si vous n'aimez pas les moucheS, je ne peux rien faire pour vous. D'ailleurs il est légitime de ne pas m'aimer. Alors vous pouvez continuer, je ne vous en voudrai pas.
Pour maximiser tout de même mon profit, je m'appelerai fictivement mourbeau. Ecoutez donc, c'est mourbeau la mouchE/corbeaU qui vous parle.

La chambre rouge était donc rouge et n'avait pas de porte...

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mercredi 16 mai 2007
Tout est double ; 10:15




"Je me présente, je suis l'absente
J'y pense. Je me la figure. J'essaie de la voir. Mais partout où je suis, elle n'est pas. Alors j'avance tout de même. Je me raccroche à la réalité. En vain."

Tu ne comprends pas je crois.
Tu es raisonnable alors. Ne t'inquiète pas, ce n'est pas une si grave blessure. En quelque sorte, c'est normal. Tu es 'ici-même', tandis qu'il y a un 'plus loin encore'. C'est tout près tu sais. Il suffit d'emprunter le bon chemin. Il y en a beaucoup, des chemins. Ils sont tous plus ou moins dangereux, plus ou moins étroits, plus ou moins longs. Mais, paraît-il, tous les chemins mènent à Rome et à son peuple.
Car chacun, s'il le veut, le peut.

Tu n'entendras pas sortir de ma propre bouche le sens de ces septs mots. Tes seuls pas devront te guider. Seulement, ne t'arrêtes pas à la limite que forment les mots et leurs lettres.
Pense au médaillon et à sa face cachée.
Tout est double.
Double dans sa forme et double dans son sens.

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samedi 21 avril 2007
Plutôt, oui. Mais plus tard? ; 18:32



Je suis un imposteur.

C'est en rencontrant l'autre que je le vois. C'est en voyant l'autre que je me nois.

Aucune bouée, je ne veux pas. M'en aller loin, ou me laisser aller. Me laisser guider, ne pas resister. Partir, fuir, emporté par les eaux.

Mais pourquoi? Pourquoi ne pas resister? Il n'y a aucune raison alors. Pas de raison et aucun sens.

Exister. Ne serait-ce alors qu'un mot de sept lettres? Non, je ne crois pas. Ou peut-être ne veux-je pas croire. Mais non. Sept n'a jamais été insignifiant. Ou c'est une erreur. Une erreur? Non. Ce seait trop. Trop gros. Trop lourd. Trop pesant. Et pourtant... non.

Alors, pourquoi... pourquoi ne pas? Peut-être difficile. Sans doute impossible. Inévitablement, sans réponse.

Mais alors, il y a le comment. Comment resister? Comment... aucune autre question. Comment poser cette question? Comment passer en ignorant le pourquoi? Difficile. Impossible. Sans réponse.

L'âme est à présent seule, tourmentée, et lasse de retomber au début de sa reflexion.

Je suis un imposteur.

Partir, fuir, emporté par les eaux.

Faire semblant, oublier, sourire, se voiler et écrire partout et sur la peau "plutôt la vie"

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vendredi 6 avril 2007
Une bouteille à la mer ; 13:34



A toi, inconnu(e)

Enfin tu m'as entre tes mains. enfin tes yeux ont croisé les miens. Je finissais par croire que jamais tu ne me verrai. Je commençais à me familiariser à mon nouveau statut de fantôme. Mais tu es là. Tu m'offres un peu de ton temps. C'est charitable de ta part. Peut-être est-ce le seul échange que nous auront, mais au moins tu m'auras accordé ces quelques minutes. Au moins j'aurai eu l'honneur de te parler. Regarde, j'en ai les larmes aux yeux.

Tu ne me connais pas, je suppose? Moi non plus, pour te rassurer. J'ai beaucoup voyagé. J'ai vu des choses merveilleuses. J'ai vu des sourires, des regards, de la lumière, de l'ombre aussi, des visages, des paysages, des tas de couleurs... J'ai rencontré beaucoup d'inconnus avant toi. Ils m'ont écouté aussi. Ce sont des gens bien. Je ne les oublierai pas comme jamais je ne t'oublierai. J'ai beaucoup voyagé, mais il me semble que je n'ai encore rien exploré. Je crois même qu'une seule vie ne me suffira pas. C'est magique. C'est magnifique. Ce n'est pas rien, c'est tout.

Veux-tu que je me présente? Ce sera difficile, je crois. En tout cas je ne peux pas me présenter comme toi tu peux le faire. Je n'ai pas de nom. D'ailleurs, pourquoi en aurai-je un? Je ne suis pas unique. Je ne suis que matière, comme tout, comme rien. Je ne sais même pas comment tu me vois. Certains me disent que je ne suis qu'un vulgaire bout de papier, d'autres me voient au travers des nuages, ou des fois on me sent comme une odeur particulière. Je peux être tout. Mais je peux aussi ne pas être. Et pourtant j'existe encore. Peut-être ne suis-je qu'un son? Peut-être. Figure-moi comme bon te semble. Je suis toi, je suis lui, elle, eux, elles, ou même vous. Finalement je serai moi, un moi où tout autre se voit.

Je suis là parce que tu m'as appelé. C'est probable que tu ne t'en rappelles pas. C'est loin déjà. Mais c'est resté au fond de toi. Tu avais alors besoin de l'autre. Je suis celui-ci. Tu avais besoin d'un réconfort, d'une voix, d'un silence pour te rendre l'équilibre. Et je suis là. Je ne te demanderai pas ce qui ne va pas car je sais que ce serai vain. Je te dirai seulement ce que tu ne dois pas oublier.

Tu es né pour rêver. Comme chacun, tu es un privilégié. Car tu as la vie. Ne l'emploie pas pour détruire quoi que ce soit. Ce que tu rêves s'accomplira dans la réalité ou dans l'imaginaire. Le lieu importe peu de toute manière. Tu verras, tu apprécieras plus l'imaginaire avec le temps. C'est là que ton enfance a vécu. Tu as rapidement fait tes valises, comme n'importe quel être humain. Mais tu as eu tort. Mais tu n'as pas choisi. Tu peux encore revenir. Les portes te seront toujours ouvertes car tu en détiens la clé. N'oublies pas. Surtout n'oublies pas.

Rêve, le sourire suivra.

Tu as les mains humides à présent. Tu as pleuré alors. C'est fini, ne t'inquiète pas. Je m'en vais maintenant. J'espère que tu m'as entendu. Je te remercie de m'avoir écouté. L'échange est terminé. Tu peux vivre, c'est bon.

A une autre fois peut-être, à jamais j'éspère.
A jamais inconnu(e)

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vendredi 30 mars 2007
[Pause] ; 13:52


Photographié par Eric Lafforgue

De l'eau. Un étang. Une voix. Des voix. Des enfants. Le souffle du vent. Le bleu du ciel. Le soleil sur sa peau. Son masque d'ombre. Un cri. Des voix. Des enfants. Ils jouent.

Deux yeux, seuls. Un frisson. Et elles, lointaines. Le voile tombe. Un sourire. Une fille. Deux billes.
Petite.
Immobiles, transparentes, deux lueurs.
Blanche.
Silencieuses, réticentes, deux absentes.
Petite main. Petite main blanche qui s'avance. Regard qui se penche.
Puis roulent, roulent. Plus de temps qui s'écoule. Une fille. Deux billes. De l'eau. Un étang.
Rien.
Puis coulent, coulent quand tout se déroule. Une voix. Des voix. Des enfants.

Le souffle du vent.

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dimanche 18 mars 2007
souviens-toi ; 09:47


Création de piroman01

Vivre, c’est peut-être ça. Vivre, c’est peut-être se souvenir. Les aiguilles tournent, les chiffres défilent ; mais les visages, eux, restent là, on ne sait où, inertes et immobiles. Notre corps grandit, notre voix change, puis la peau s’étire, les muscles se fatiguent et les os se cassent ; mais jamais le film de notre vie va dépérir. Toujours il sera présent quelque part, aussi jeune qu’éternel.

« Je me souviens… ». Une infinité de phrases commençant ainsi tentent de séduire mes cordes vocales. En vain. Alors elles s’en prennent à mes mains pour écrire. Aucune réponse. Je cherche des yeux un quelconque secours. Toujours rien. J’ai déjà oublié que j’étais aveugle. Mon corps ne répond plus. Je suis une épave. Je sens parfois une présence auprès. Que doivent-ils voir ? Sûrement rien. Ils doivent penser que je suis mort. On admet difficilement que le comateux peut être vivant. On croit que dans son monde les aiguilles s’arrêtent provisoirement (on l’espère) de tourner et que les chiffres prennent une pause dans leur défilé. Mais l’épave a son histoire. L’épave a sa mémoire et l’homme a en plus une conscience. Je ne peux ni vous voir, ni vous entendre, ni vous parler, ni vous faire ne serait-ce qu’un signe, mais je vis tout de même.

En noir et blanc ou en couleur, écrit ou imagé ou même parlé, brusque ou doux, agréable ou non. Qu’importe la forme, ils sont là et je ne peux les repousser.

C’était en 1965. Je sens encore son parfum. Ses lèvres m’éblouissent. Je ne vois rien d’autre. Elle avait commandé un whisky. Mon regard ne pouvait se détacher de sa bouche. Je ne voyais que cela. D’ailleurs, je ne me souviens pas de son visage. D’ailleurs, l’ai-je regardé ? Je ne sais plus. Alors elle portait le verre à ses lèvres. La musique du bar résonne toujours dans ma tête. « On the sunny side of the street » de Franck Sinatra. Le rouge m’enivre. Une belle balade. Pourtant, la soirée ne fait que commencer. Je n’ai presque rien avalé.

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samedi 24 février 2007
Le Baiser ; 17:47


Photo issue de Sin City


Elle rit par politesse, pour ne pas faire autrement car il ne faut pas faire autrement. Elle est ailleurs. Elle veut fuir la réalité, fuir cette fausseté, cette apparence qui renie le naturel.

Elle termine sa coupe de champagne. Elle boit pour oublier un instant que la vie n ‘est que mascarade. Elle voudrait oublier pour ne plus jamais se souvenir. Des fantômes dansent autour d’elle. D’autres rient à pleines dents. Elle se laisse un temps emporter mais la lassitude l’empêche de continuer. Elle ne veut plus rester, mais où aller ? Elle ne le sait pas. Elle ne sait même pas où elle se trouve. Elle croit qu’elle a déjà fuit autre chose, cette même chose. Elle a déjà fuit la lassitude une autre fois. Elle a déjà vu les fantômes ailleurs danser. Elle ne sait pas où elle est, mais elle connaît cette soirée. S’en aller n’y changerait rien, elle connaît ce qui suit comme elle sait ce qu’elle fuit. Elle est perdue, elle ne sait que faire.

Boire. Oui, boire encore. Boire pour oublier. Boire pour rêver d’une altérité, d’un monde où la lassitude est un fantôme, où la mascarade s’est pliée devant nature. Boire pour s’évader vers son idéal, une vie où seul compte son propre jugement. Elle veut bannir le regard de l’autre. Elle veut se laisser bercer, qu’on la prenne dans ses bras, qu’on lui dise que tout ça est fini, que la vie n’est pas si banale que ça. Elle veut se sentir vivre, se sentir aimée.

A présent, l’alcool semble faire de son effet. Elle se sent mieux. Elle se sent bercée. Elle sent une main lui caresser le dos. Instinctivement elle se retourne. Un fantôme lui sourit. Horrifiée, elle crie. La valse des fantômes s’arrête en même temps que la musique. Surpris, ils regardent la source du cri. Ils aperçoivent une femme terrorisée face à un homme qui lui sourit. Ils ne comprennent pas. Elle n’en peut plus. Elle s’enfuit sur le balcon.

La pause est terminée, la musique reprend. L’interruption de la femme est déjà oubliée. La femme, elle, s’en souvient toujours. Elle reprend doucement ses esprits. La nuit est sombre, sans étoile. Éclairée par la lumière de l’intérieur, elle se passe la main au front pour faire fuir la migraine. Elle se demande comment elle a pu en arriver là. Puis elle se souvient du fantôme et de ses mains froides.

Il faut qu’elle parte. Toujours la même conclusion et toujours le même problème. Oui, partir, mais où aller ?
Un bruit sourd, un bruit de pas. Quelqu’un est là qui l’observe. Un frisson lui parcourt le dos. Le fantôme de tout à l’heure ? Peut-être ne l’a-t-il pas oublié, lui ? Elle s’arrête de bouger, scrutant la pénombre. Il s’approche. Non, ce n’est pas lui. Elle l’observe sans bouger. Il continue d’avancer avec douceur. Puis soudain, elle lui dit de s’en aller, elle ne veut voir personne, et surtout pas un homme. Il lui répond calmement qu’il ne lui veut aucun mal. Il veut l’aider. Il continue d’avancer. Elle ne bouge toujours pas. Il n’est plus qu’à quelques pas Violemment, elle lui demande qui il est pour lui adresser la parole. Elle ne se reconnaît plus dans ses propos. Elle pleure à chaudes larmes. Il lui répond qu’il est celui qu’elle attend. Il lui explique que le cauchemar est terminé, qu’il n’est là que pour elle, qu’il ne lui fera aucun mal. Puis, il lui assure qu’il est bien réel, que ce qu’il dit est vrai. Il n’est pas l’apparence. Il n’est pas tromperie. Il existe bien. Sa voix la rassure. Elle sait que ce n’est pas un fantôme. Elle le sait. Elle peut lui faire confiance. Il s’est arrêté à quelques centimètres d’elle. Elle plonge ses yeux dans les siens. Elle se sent bien. Elle sent qu’il a gagné. Elle sent qu’elle ne peut plus bouger mais, n’ayant plus la force de se révolter elle ne fait rien. Et pourquoi se soulèverai-t-elle ? Elle se sent si bien. Elle avait oublié ce sentiment. Elle savoure.

Il faut qu’elle parte. Toujours la même conclusion. Oui, partir, mais où aller ? Ce n’est plus un problème.

Elle peut s’abandonner, s’abandonner à son rêve, à son rêve et à ses lèvres.

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Quand Lui n'est plus... ; 14:05


Photo crée par piroman01


Il est mort.
Oui, il est mort, c'est certain.
Elle ne le voit plus, elle ne le sent plus. Son coeur ne bat plus. Oui, c'est certain, il n'est plus.

Mais comment réagir, que dire? Elle ne sait pas. On ne lui a pas appris. L'indiférence peut-être... Non, trop difficile à exprimer. La haine. Pourquoi pas, mais que haïr? Elle ne peut s'en prendre qu'à Dieu, s'Il existe. C'est un fait naturel. C'est la fatalité. Elle n'a rien décidé. Doit-elle être heureuse? Non, il ne faut pas. Cela, elle le sait sans qu'on lui ait appris. C'est mauvais. Et puis, pourquoi être heureuse? Elle ne ressent aucun plaisir à vivre cette situation. Elle aurait même aimé qu'il n'eut jamais existé. Non, elle ne doit pas se réjouir. Elle est triste même. Elle est triste et énormément gênée. C'est elle la responsable. Ce n'est pas de sa faute s'il est mort, mais elle est responsable de l'apprendre à l'autre, l'autre qui ne l'attend pas. Elle ne peut s'empêcher de rougir à l'idée que c'est elle qui devra annoncer l'inimaginable. Car personne n'aura prévu la mort de la perfection. Personne n'aura imaginé que l'immortel puisse être mortel. Son coeur s'est arrêté de battre. Mais enfin, pourquoi? Pourquoi en a-t-il été décidé ainsi? Pourquoi la solution radicale? C'est injuste. Elle n'a pas pu dicuter. On a choisi pour elle. On ne lui a pas demandé avant. La déception, c'est cela qu'elle ressent. Oui, déçue de n'avoir pas été maître de sa propre situation. Il est mort, et c'est seulement à présent qu'elle voit à quel point elle l'a aimé. Chaque jour elle vivait en sa présence sans prendre le recul qui lui aurait ouvert les yeux sur son amour.

Elle se rappelle des moments passés. Elle se rappelle des soirs où elle s'endormait avec lui. Elle se rappelle des fois où elle s'était laissée bercer. Elle était alors comme possédée. C'était un plaisir immense que de se laisser emporter sans se soucier de ce qui peut suivre. Elle pouvait alors se laisser faire car elle se savait en sécurité. Il la protégeait. Elle ne le savait pas encore, mais il la protégeait. Elle ne s'en rendait pas compte. Le temps passe et l'on vit sans se voir. Maintenant, elle sait que tout est à rebâtir. Une vie s'achève et laisse sa place à une autre. Elle devra tout recommencer et elle sait que ce ne sera pas évident. Car maintenant, elle est seule. Ni rien ni personne n'est plus là pour accompagner ses pas.

Elle a peur. Sans son aile le papillon ne survit pas. Sans son aile, elle ne pourra peut-être pas s'en sortir.
Elle a peur. Sans lui, elle n'est rien.
Elle a peur. Car il est mort. Car son amour est mort, son amour n'est plus.

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